La loi de finances de l’année 2019 prévoit une quasi-stagnation du budget de l’éducation nationale malgré les mesures de réduction de déficit budgétaire très drastiques. Voici les détails.

Budget de l’éducation nationale française : les crédits restent stables

Ces six années de forte croissance ont permis d’arriver à un niveau de recettes fiscales assez élevé et cette embellie budgétaire profitera au secteur de l’éducation nationale en termes de crédits alloués. En effet, compte tenu de la baisse tendancielle du taux d’inflation, le budget du ministère chargé de l’éducation nationale est resté intact quoique d’autres ministères tels que ceux de la santé, de l’écologie ou du travail ont vu leur budget baisser considérablement. L’analyse du rapport établi par l’Assemblée, pour chaque ministère et pour la période 2019-2020, affiche une légère revue à la hausse pour l’éducation nationale (le budget passera de 51.5 à 52.1 milliards d’euros de 2018 à 2019, soit une hausse d’environ 1%). Toutefois, cette apparente augmentation est à nuancer, car l’évolution de la masse salariale du ministère de l’Éducation nationale a connu une hausse nettement supérieure au taux d’inflation moyen des 5 dernières années.

Mais ce n’est pas tout, les dépenses du service civique que le Président Macron souhaite exécuter pour l’année 2019 s’intègrent également de ce crédit global pour un montant d’environ 2 milliards d’euros, ce qui neutralise l’augmentation. En clair, ce ministre peine à trouver des moyens pour revaloriser ses ressources salariales bien que la gestion de carrière y est plus ou moins harmonieuse grâce aux dispositifs de contractualisation très efficaces.

Les autres départements ministériels font l’objet d’une forte rationalisation budgétaire

Bon nombre d’observateurs militent contre cette baisse de dépenses publiques qui est jugée inopportune, car la reprise économique au sein de l’Union européenne ne date que très peu. Malgré ces craintes, le Gouvernement ne fera plus marche arrière. Effectivement, la loi de finances 2019 prévoit de reproduire les 81 milliards d’économies réalisées au cours des trois dernières années du quinquennat. D’ailleurs, pour l’exercice 2019, les créneaux de réduction de dépenses sont déjà identifiés, notamment une éventuelle baisse des contrats aidés (une baisse de 195 millions d’euros en termes de crédits de paiement et de 377 millions d’euros en termes d’autorisations d’engagement). Concernant la suppression des emplois publics, l’État prévoit de contracter l’effectif de son personnel à 50 000 fonctionnaires d’ici 2022. Cependant, les emplois de la Sécurité et la Justice vont connaître une augmentation de 16 000 postes pour la même année.

Pour rappel, pour cette année 2018, plus de 1571 emplois devraient être supprimés dans certains ministères. Les rapporteurs du Sénat se demandent par contre si ces mesures sont compatibles avec la forte baisse de pouvoir d’achat que les ménages français subissent depuis quelques années. La chambre haute propose une analyse plus approfondie des éventuels effets d’un fléchissement intempestif de la croissance, une hausse imprévue de la dette de la SNCF ainsi que la capacité des dispositifs de défiscalisation à générer des effets de relance pérennes.